Des femmes et des hommes au service des habitants
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Mathilde, infirmière à domicile
« Je suis infirmière depuis 14 ans, j’ai principalement exercé en tant qu’infirmière à domicile et depuis 7 ans déjà au CIAS. J’aime le relationnel avec les bénéficiaires qui ont vraiment besoin de nous, que Mathilde qui est aussi sapeur-pompier volontaire. Je fais des pansements, des prises de sang, des vaccins et quelques toilettes. »
L’équipe est composée d’une coordinatrice et de 7 infirmières qui travaillent soit le matin, de 8h à 15h30 ou l’après-midi de 11h à 19h30. Leur temps de pause de 12h30 à 13h15 est suivi de la réunion quotidienne de transmissions entre 13h15 et 14h.
« Nos tournées sont essentiellement sur Saint-Brieuc, nous sommes deux le matin et deux d’après-midi. Je suis plutôt sur le secteur ouest, mais je peux intervenir aussi chez des bénéficiaires du secteur est. C’est parfois nécessaire pour prendre du recul par rapport à certaines situations et cela permet de casser la routine. »
« Nos bénéficiaires sont des personnes âgées, en situation de handicap et/ou de précarité sociale. Nous prenons aussi en charge les fins de vie. Ce n’est pas toujours simple, cela renvoie au vécu personnel. Nous en discutons en équipe, avec les familles et nous travaillons en partenariat avec le service d’hospitalisation à domicile. L’objectif est d’accompagner, sans souffrance, ce choix de rester à domicile jusqu’à la fin. »
« Le maintien à domicile est plus facile quand il y a un aidant, c’est un bon relais et il faut aussi garder un œil sur lui. Durant ma présence, il en profite pour souffler un peu ou faire une course, ajoute Mathilde. Si la personne est seule je peux aller chercher ses médicaments à la pharmacie, relever la boîte aux lettres, … Ça dépasse mon métier d’infirmière, mais cela lui permet de vieillir dans sa maison, avec ses souvenirs. »
Christelle, auxiliaire de puériculture
Diplômée en 2001, Christelle a exercé dans une halte-garderie et une crèche avant de rejoindre, en août 2003, l’équipe de Potes et potiron composée d’une responsable, de deux auxiliaires de puériculture, de deux éducateurs de jeunes enfants et d’un agent technique. Située à Binic-Étables-sur-Mer, la structure accueille les petits à partir de 2 mois et jusqu’à 4 ans.
« Les enfants arrivent à partir de 8h30 et la journée débute par un temps de jeux libres. La matinée est coupée par un temps de chansons/comptines. Nous proposons aussi différents ateliers, de la peinture par exemple, à ceux qui le veulent. Les autres jouent librement dans les différents espaces, explique l’auxiliaire. Entre-temps, il faut gérer le quotidien : les soins, l’alimentation, le sommeil. Nous accueillons des musiciens professionnels, titulaires du Diplôme universitaire de musicien intervenant (DUMISTE), à raison de 10 séances de 30 minutes par an. Les enfants sont souvent très attirés par leurs instruments ».
« Ce qui me plaît dans ce métier c’est le contact avec les familles notamment pendant la période de familiarisation (une semaine à raison d’une heure par jour). Et bien sûr, la relation avec les petits qui découvrent le collectif, interagissent entre eux et doivent s’adapter à des règles différentes de celles de la maison. C’est clairement un métier de vocation, il faut s’adapter à chaque enfant, ils sont tous différents et avoir un bon niveau de patience. Ce qui est plus difficile c’est le portage des enfants au quotidien et l’environnement sonore », ajoute en souriant Christelle.
« Le travail en équipe est aussi très appréciable, grâce à nos formations différentes nous sommes complémentaires. Les vendredis après-midi sont consacrés à un temps de travail en commun sur notre métier et une fois par mois avec une psychologue, pour prendre du recul et analyser nos pratiques ».
Willy, ripeur
Willy commence comme ripeur à 19 ans, en 2006. « J’ai démarré en intérim pour des remplacements, explique-t-il. J’avais un CAP carreleur, mais je n’aimais pas le bâtiment. Je ne savais pas trop quoi faire... » Il enchaîne les contrats à l’Agglo et « je suis toujours là », sourit-t-il.
Il passe son permis poids-lourds en 2012 et devient chauffeur-ripeur. « Cela permet de changer de poste au cours d’une tournée », explique Willy Leyzour qui fait équipe, la plupart du temps, avec les deux mêmes collègues.
Il travaille de 5h à 12h ou de 11h45 à 18h45 une semaine sur deux. « J’apprécie ces horaires qui permettent de dégager pas mal de temps libre et de profiter des enfants », confie le ripeur. Ce qu’il aime dans son métier : être dehors, changer de lieux, bouger, voir du monde.
« Il y a toujours les enfants qui sont fascinés par notre travail et qui sortent pour nous voir. Il y a des personnes qui nous remercient ou qui nous font un petit sourire, raconte Willy. Il y a aussi celles qu’on agace quand on rappelle les consignes de tri ou de collecte. Si on ne ramasse pas du tri dans un sac poubelle noir, ce n’est pas pour embêter les gens, c’est qu’il y a une raison: il ne sera pas ouvert au centre de tri. »
Les inconvénients du métier : la pluie et le froid, « mais, sur une année, on sort très peu le ciré », assure-t-il. La fatigue physique ? « Certaines tournées sont très physiques et on peut dépasser les 16000 pas. On monte, on descend du marche-pied… Mais ça ne me déplaît pas. Ça fait les cuisses! » s’amuse Willy.
Fera-t-il toujours le même travail ? « Parfois, je me dis que je pourrais changer, mais je ne vois pas quoi faire d’autre. Ce métier m’a donné un équilibre de vie difficile à trouver ailleurs. »
Agnès, agent de conduite et vérificatrice
Avant de rejoindre l’équipe de Baie d’Armor Transports en 2013, en tant qu’agent de conduite à plein temps, Agnès était ambulancière en journée et taxi le soir. « J’ai toujours aimé conduire? mais j’ai dû prendre confiance pour me mettre au volant d’un bus et des articulés de la ligne TEO. C’est impressionnant ces gros volumes! La formation et les tests de conduite m’ont apporté de l’assurance. Il faut aussi être vigilant pour anticiper toutes les situations. Un feu grillé par un automobiliste par exemple... Les bus sont très lourds, on ne peut pas freiner brutalement. »
« Ce qui me plaît dans mon métier c’est d’accueillir la clientèle et d’être au service des usagers pour les amener d’un point à un autre. Je travaille sur un rythme de cinq jours de suite, sur toutes les lignes. Je suis un jour à la mer et un jour à la campagne. »
Agnès est aussi vérificatrice depuis quatre ans. Après un temps de formation, elle a été assermentée pour exercer cette nouvelle fonction qui demande calme et sang froid. « Je ne suis pas là pour juger et être méchante, mais pour rappeler les règles et sécuriser la clientèle lors de situations difficiles. Et depuis l’été dernier j’effectue des remplacements en tant qu’agent de terrain, ajoute la conductrice. J’interviens à la demande, dans le cadre d’un accident pour mettre en place une déviation, d’un malaise de passager, d’une panne d’un valideur... Cela demande de la polyvalence et de la réactivité, c’est à chaque fois une situation différente à gérer. C’est ce qui me plaît. »
Mélanie Lefort, conseillère emploi
Depuis 2008, Mélanie est conseillère emploi au sein du service insertion sociale et professionnelle de l’Agglomération (Saint-Brieuc) qui compte dix personnes. « Ma mission est d’accompagner les personnes en recherche d’emploi, de formation ou en reconversion », explique-t-elle.
Pour cela, elle reçoit les personnes sur rendez-vous en individuel. « On fait le point sur leur situation professionnelle, mais aussi personnelle pour identifier les éventuels freins à l’emploi (garde d’enfant, mobilité, handicap…). »
Parfois, une seule rencontre peut suffire car il y a un besoin bien précis : réaliser un CV, écrire une lettre de motivation, trouver des offres d’emploi… « Ou dans d’autres cas, j’oriente, dès le premier rendez-vous, vers le partenaire adéquat comme France Travail, la Mission locale, Adaléa, le CLPS, la Cimade22, Cap emploi, le CIDFF 22… », indique Mélanie.
Mais si nécessaire, l’accompagnement peut être plus long. « Certains ont besoin d’être rassurés, guidés et d’avoir un avis extérieur. D’autres reviennent dès qu’un contrat s’arrête. »
En 2024, 297 personnes ont été reçues en rendez-vous individuels et 191 ont été accompagnées. Parmi elles, 67 ont trouvé un CDI, un CDD, un chantier d’insertion ou encore une formation.
« Je trouve du sens à mon travail: échanger avec les gens, les écouter, leur montrer qu’ils ont des compétences et des qualités, les mobiliser ou remobiliser, leur donner un coup de pouce, les voir satisfaits quand ils repartent avec un CV et heureux quand ils décrochent un emploi… Je me sens vraiment utile! » À l’écoute et pleine d’empathie, Mélanie a appris à bien séparer vie pro et perso.
Si le taux de chômage a baissé ces dernières années, les plus fragiles ont toujours autant besoin d’accompagnement. « Certains cumulent beaucoup de freins à l’emploi », confie la conseillère emploi.
En parallèle des rendez-vous à l’EIE, Mélanie tient des permanences emploi dans les Pôles de proximité de Plœuc-L’Hermitage et de Binic-Étables-sur-Mer. « Cela permet de capter un public qui ne serait jamais allé jusqu’à Saint-Brieuc. » Elle participe à des événements autour de l’emploi, de l’insertion et des solidarités ; anime des ateliers numériques avec le médiateur numérique de l’Agglo ; travaille avec les groupes Prépa-projet…
Thomas, agent de contrôle en branchement collectif
Ce jeudi, Thomas vérifie le bon écoulement de l’eau et les raccordements d’une petite maison, dans le centre de Ploufragan. Son propriétaire souhaite la mettre en vente et il a besoin de ce "diagnostic".
Le technicien verse des colorants de différentes couleurs dans les toilettes, puis dans les éviers et la douche pour s’assurer que l’eau colorée arrive au poste de raccordement des eaux usées. Il vérifie également que l’eau des gouttières est bien dirigée vers le réseau d’eaux pluviales. Tout fonctionne ! Le contrôle a été simple et rapide. « Parfois, il faut utiliser des caméras ou des fumées pour savoir par où passe l’eau », précise Thomas Heurton.
Lors de cette visite, l’agent de l’Agglo a juste détecté un mauvais écoulement entre le poste de raccordement et le réseau collectif d’assainissement. « Ça, c’est notre "problème", assure-t-il. Je vais le signaler au service concerné qui va investiguer. »
Le jeune homme réalise des diagnostics pour des ventes, pour des maisons neuves et pour des contrôles que l’Agglo demande suite à des anomalies relevés par différents services sur le réseau.
« J’apprécie d’alterner entre le terrain et le bureau où je rédige les dossiers, explique Thomas Heurton. J’aime bien le contact avec les gens. Quand on découvre que l’eau du lave-linge arrive dans le jardin et que le chien la boit… on se sent utile. » C’est d’ailleurs l’aspect environnemental du métier qui a incité Thomas Heurton à passer un diplôme Gestion et maîtrise de l’eau.
Olivier, maître-nageur
« Les dames du cours d’aquagym du lundi matin, je les connais toutes par leur prénom, assure fièrement Olivier Caen, maître-nageur à la piscine Ophéa de Quintin.C’est important de créer du lien. »
Cours de natation pour les scolaires et le grand public, aquagym, aquabike, aquaboxing, sport santé, surveillance des bassins… le dynamique sexagénaire aime toutes ces facettes du métier. « Je suis pluridisciplinaire, même si j’ai été formaté "aquagym" pendant mes années dans le privé. »
Olivier Caen a toujours voulu être maître-nageur. « Mais j’ai tardé à passer les examens. » Militaire deux ans aux Antilles, hydrocureur 10 ans à Nîmes tout en étant gardien de but de waterpolo en National 3, il passe son BNSSA (brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique) en 1987. « En 2002, grâce à ce brevet, je suis devenu surveillant de baignade dans un parc aquatique. » En 2004, motivé par sa compagne, il obtient le BEESAN (brevet d’éducateur sportif des activités de la natation) qui lui permet de devenir maître-nageur.
Un an plus tard, il devient directeur de la piscine Les Dômes à Rivesaltes (Pyrénées orientales). Au bout de sept années « intensives », il souhaite se rapprocher de la Bretagne et enchaîne les contrats de maître-nageur ou entraîneur. « La première fois que j’ai été à Ophéa, c’était pour un remplacement en urgence en 2014, se souvient-il. Lamballe, Loudéac, Binic-Étables-sur-Mer… J’ai fait toutes les piscines de l’Agglo et, en 2019, le directeur d’Ophéa me propose un contrat. »
« Je suis "tombé" dans une super piscine avec des collègues motivés », s’enthousiasme Olivier Caen. J’ai toujours le feu en moi. C’est ultra valorisant de voir les enfants apprivoiser l’eau, devenir à l’aise et progresser ! J’ai une élève de 72 ans qui commence à maîtriser la respiration en crawl. C’est génial ! »
Le travail un week-end sur trois, les horaires décalés deux fois par semaine… « Ce sont les contraintes du métier » qui n’entachent pas le plaisir de transmettre.
Carine et Delphine, conseillères habitat privé
Quand on appelle l’Espace Info Habitat, c’est soit Carine, soit Delphine qui répond. « Nous sommes le premier interlocuteur pour des projets d’habitat », expliquent les deux conseillères habitat privé de l’Espace Info Habitat. Leurs interlocuteurs sont variés : des ménages qui souhaitent rénover leur logement, des personnes qui veulent adapter leur maison au vieillissement, des habitants en précarité énergétique, des primo-accédants, des investisseurs et parfois même des professionnels (artisans, agents immobiliers, notaires…).
« Notre rôle est d’informer sur les aides locales et nationales et d’orienter les usagers vers les bons partenaires », indique Delphine. « Il est important d'analyser le profil du demandeur, de cerner ses besoins afin de lui apporter des informations et des conseils adaptés et personnalisés, poursuit Carine. Un simple appel peut parfois permettre à un ménage de découvrir une aide financière ou un accompagnement technique dont il ignorait l’existence. »
Les deux conseillères de l’EIH jouent un rôle de « tiers de confiance ». « Nous délivrons un conseil neutre et gratuit, précisent les deux conseillères. Nous n’avons rien à vendre! »
Carine et Delphine instruisent également les demandes d’aide. En 2025, 1,3 million d’aides habitat ont été délivrées et 450 ménages vont en bénéficier cette année.
« Nous apprenons et devons nous adapter en permanence face à l’empilement des aides et des partenaires, expliquent les deux collègues. Les échanges avec les usagers sont très enrichissants et c’est gratifiant de les accompagner dans leurs projets. »
Bruno Chrétien, animateur à la Maison de la Baie
Animateur pendant 36 ans à la Maison de la Baie, en contact permanent avec des enfants, des habitants, des touristes, Bruno Chrétien est partir à la retraite fin 2025. « Quand je suis arrivé, c’était l’association Connaître et sauvegarder la baie de Saint-Brieuc, raconte-t-il. J’avais une formation d’animateur socioculturel et de gestion de groupe. J’arrivais de Lorraine et n’avais pas de compétences "nature". »
C’est donc auprès du directeur de l’association − « un passionné » − qu’il découvre la baie. « Notre objectif était de préserver cet espace en faisant cohabiter toutes les personnes et les entités qui le constituaient: les habitants, les chasseurs, les agriculteurs, les protecteurs de la nature...À l’époque, la vision de la nature et de l’environnement était très différente. Cela n’intéressait pas grand monde. »
Lorsque la baie est reconnue Réserve naturelle, en 1998, les choses commencent à évoluer. « La baie devient plus attirante et nous bénéficions d’un afflux de connaissances. » Des connaissances qu’i faut bien sûr vulgariser avant de les partager avec le grand public. « Je ne me suis jamais considéré comme un scientifique, ni comme un naturaliste ou un militant d’ailleurs, je suis plutôt un passionné », précise l’animateur.
En 2005, la Maison de la Baie devient un équipement de l’Agglomération et « notre mission de transmission et de sauvegarde monte en puissance ». « On nous a demandé de créer un musée. Nous avions quasi "carte blanche". Cela a été une très belle aventure! »
Aujourd’hui, Bruno Chrétien trouve que le public est plus intéressé, plus pointu. « Les gens ont pris conscience qu’ils font partie de la nature ». « Parfois, c'étaient les visiteurs qui m’apprennaient des choses, assure-t-il.Tout au long de ma carrière, je ne me suis jamais ennuyé car j’ai toujours continué d’apprendre, de chercher de nouveaux outils pour transmettre...Je ne suis pas un magnétophone qu’on allume pour telle ou telle sortie. Avec chaque groupe, il fallait s’adapter, trouver des moyens de retenir l’attention. Tu ne parles pas à des enfants comme à des adultes, à des locaux comme à des touristes. »
Bruno Chrétien, qui a validé ses acquis d’expériences au cours de sa carrière, a gravi les échelons : « J’ai été animateur nature, puis responsable de l'animation, puis responsable de la Maison de la Baie. Un parcours dont je suis fier. Je suis fier aussi de voir des parents venir aux sorties en famille parce que ça leur avait plu quand ils étaient eux-mêmes enfants. »
À la fois discret et loquace, humble et satisfait de son parcours, Bruno Chrétien a le sentiment du devoir accompli. « Désormais, je vais pouvoir profiter de la baie différemment », confie-t-il. Pas question de retourner en Lorraine. « La baie m’a apprivoisé. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais c’est devenu viscéral entre nous. »
