Recul du trait de cote

Mise à jour le

L’érosion côtière touche 20 % du littoral français. Le paysage change et l’agglomération est concernée.
Face aux enjeux climatiques, l' Agglomération s’est engagée auprès des communes dans une démarche d’identification des risques liés au recul du trait de côte.

Le trait de côte : de quoi parle-t-on ?

Le trait de côte est la limite entre la terre et la mer.
Le littoral évolue en permanence, façonné par les vagues, les marées, les ruissellements et les vents. Le trait de côte recule plus ou moins lentement et de manière irréversible. C’est un processus naturel accentué par l’action humaine. Le recul du trait de côte s’opère sur du long terme et est prévisible. 

À cela s’ajoutent les effets du changement climatique : élévation du niveau de la mer, tempêtes plus fréquentes, inondations… Il s’agit des submersions, souvent brutales, imprévisibles et temporaires. 

Le recul du trait de côte est donc un processus naturel auxquels s’ajoutent les changements climatiques et l’action humaine. 
Il n’est pas nouveau : pour la période 1960-2010, c’est 30 km² de terres perdues soit l’équivalent d’un terrain de foot tous les 4 ou 5 jours. 

Quels sont les enjeux ?

Le recul du trait de côte doit être anticipé car il peut fragiliser des habitations, des infrastructures et réduire les possibilités de construction en bord de mer. 
Ses effets risquent d’impacter l’économie : les secteurs d’activité comme le tourisme, la pêche, le transport maritime ou encore les activités nautiques devront s’adapter. 
Enfin, le recul du trait de côte menace la biodiversité et les écosystèmes côtiers.

Qu'en est-il de la baie de Saint-Brieuc ? 

Dans la baie de Saint-Brieuc, il convient de distinguer deux secteurs en raison de leur différence de topographie différente et des aléas subis.

De Tréveneuc à Plérin

Ce secteur est principalement concerné par l’érosion de falaises. 
Toutefois, l’arrière du port de Binic-Etables-sur-mer est aussi concerné par la submersion. Cette zone portuaire fera l’objet d’une étude spécifique.

A noter : les communes de Saint-Quay-Portrieux et de Binic-Etables-sur-Mer ne sont pas couvertes par un PPRLI (Plan de prévention des risques littoraux et d'inondation). Les deux municipalités ont souhaité être intégrées au Décret en avril 2022. Elles avaient donc l'obligation de demander à Saint-Brieuc Armor Agglomération de transcrire dans le PLUI des cartes locales ce que l'Agglomération a accepté par délibération du 18 décembre 2025. Cette intégration dans le PLUI sera réalisée courant 2027. 

Cartes publiées suite aux réunions publiques :
  • Cartes de préfiguration de Saint-Quay-Portrieux et de Binic-Etables-sur-Mer
  • Cartes de projet sur Plérin

De Saint-Brieuc à Hillion

Ce secteur est principalement touché par la submersion et les inondations.

En plus de l’étude du recul du trait de côte, cette zone Est de l’Agglomération est concernée par le Programme d’Actions et de Prévention des Inondations (PAPI) en cours d’élaboration. Les conclusions du PAPI seront aussi à prendre en compte et à intégrer à la réflexion globale sur ce secteur.

La Loi Climat & Résilience

Certaines des neuf communes côtières de Saint-Brieuc Armor Agglomération sont déjà couvertes, aujourd’hui, par un PPRLI (Plan de prévention des risques littoraux et d’inondation). 
Ce plan permet de délimiter les zones exposées aux risques et de produire des cartes des aléas, des enjeux et de vulnérabilité des zones côtières.

Ces neuf communes peuvent aussi demander à être intégrées dans les décrets successifs issus de La Loi Climat et Résilience du 22 août 2021. 

La Loi Climat et Résilience encadre les dispositions visant à adapter les territoires littoraux aux effets du changement climatique et en particulier au recul du trait de côte. Les décrets issus de cette loi permettent d’établir une liste, régulièrement actualisée, des communes volontaires voulant s’engager dans une démarche d’adaptation.

Quelles seront les cartes prises en compte ?

Les communes qui ne disposent pas de PPRLI devront tenir compte des cartes de préfiguration qui seront établies dans le cadre de l’étude sur le trait de côte coordonnée par Saint-Brieuc Armor Agglomération.

Les autres pourront choisir entre le scénario donné par leur PPRLI et celui établi dans le cadre de l’étude globale de l’Agglomération.
Les communes se sont accordées pour retenir un scénario médian.

Un scénario médian en matière de recul du trait de côte désigne une projection correspondant à la tendance la plus probable d’évolution du littoral. 

Elle tient compte :

  • des incertitudes liées aux facteurs naturels : l’érosion, la montée du niveau de la mer, les tempêtes;
  • et humains : les aménagements côtiers et/ou les politiques de gestion.

Ce scénario se base sur l’hypothèse d’un réchauffement de + 4°C à 2100 conformément à la Trajectoire de Réchauffement de référence d’Adaptation au Changement Climatique (TRACC). La montée du niveau de la mer liée à cette hypothèse du changement climatique, estimée à +20 cm d’ici 2055 et +90 cm d’ici 2125.

Suite au conseil d’agglomération du 18 décembre 2025, l’élaboration d’une stratégie de gestion intégrée du trait de côte va être engagée par Saint-Brieuc Armor Agglomération. 

Dans l'immédiat, le service urbanisme de votre mairie peut vous fournir des conseils adaptés à votre situation et aux règles d’urbanisme locales en vigueur.

Questions, réponses sur le recul du trait de côte

L’érosion côtière existe depuis toujours. C’est un phénomène naturel mondial accéléré par les changements climatiques, lié à l’augmentation du niveau de la mer et au développement important de l’urbanisation à proximité du littoral ces dernières décennies.
L’érosion côtière touche déjà 20 % du littoral français. 

France métropolitaine :

  • 5 500 km de linéaire côtier
  • 30 % du linéaire artificialisé
  • 20 % du linéaire en recul 

Or sur le littoral, la densité de la population est 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale. Et on compte +45 % de constructions entre 1990 et 2020.

Les principaux phénomènes sont l’érosion et la submersion.
Ils sont naturels et la conséquence des effets combinés des marées, des vagues, des courants, des intempéries, précipitations et du ruissellement. Ils sont amplifiés par le changement climatique et les activités humaines, les habitations et les infrastructures installées au bord du littoral. 

Ils sont évalués à partir de la TRACC, Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique
La TRACC prévoit, à l’horizon 2100, un réchauffement de +4° par rapport à l’ère pré-industrielle soit +2°C par rapport à aujourd’hui. 
Ce réchauffement a un impact sur l’élévation du niveau marin moyen de +20 cm à 30 ans et de +90 cm à 100 ans

Toutes les communes littorales de notre territoire sont touchées, à des degrés différents.
C’est pourquoi, l’étude pilotée par Saint-Brieuc Armor Agglomération a été menée sur l’ensemble des 9 communes du littoral .

Ces cartographies sont réalisées à partir du trait de côte actuel et des ouvrages de protection existants. 
On évalue leur évolution à 30 ans et à 100 ans en tenant compte :

  • du recul qui s’est déjà réalisé et a pu être observé dans le passé
  • des impacts liés à des phénomènes climatiques ponctuels (tempête, fortes pluies)
  • de l’impact du changement climatique : augmentation des températures et montée du niveau marin.

Deux scénarios sont possibles : le scénario médian, le scénario sécuritaire. Les élus de Saint-Brieuc Armor agglomération se sont accordés pour retenir le scénario médian pour l’ensemble de son littoral. C’est celui qui correspond à la tendance la plus probable d’évolution du littoral. 
Il tient compte des :

  • Facteurs naturels qui vont s’amplifier : l’érosion, l’impact du changement climatique, les tempêtes.
  • Facteurs humains : aménagements et constructions.

Concrètement, il s’agit d’une estimation, située entre les scénarios les plus optimistes (recul limité) et les plus pessimistes (recul important). Ce scénario est souvent utilisé par les scientifiques, les gestionnaires du littoral et les décideurs publics pour anticiper les impacts à moyen et long terme.

Pour évaluer la pérennité d’un ouvrage, il faut évaluer son efficacité face au recul du trait de côte.
Les critères pris en compte sont :

  • la durabilité
  • le coût du maintien, de sa ré-hausse…
  • son efficacité future en tenant compte du contexte de changement climatique et de la ré-hausse du niveau marin
  • l’analyse des enjeux liés à l’ouvrage

L’ensemble des ouvrages a été déclaré non pérenne sur l’agglomération de Saint-Brieuc, sauf les digues des Rosaires à Plérin, de Pissoison et des Grèves à Langueux.
L’avant-port de Binic pourra être déclaré pérenne sous conditions.
Le port du Légué est pour l’instant classé en zone blanche car il relève de la propriété de la région Bretagne, qui doit se prononcer sur le gestion des ports bretons qui relèvent de sa responsabilité.  
La non-pérennité d’un ouvrage n’implique pas sa destruction. Les gestions actuelles et futures seront réfléchies dans le cadre de la Stratégie Littorale qui sera élaborée par l’Agglomération. 

PPRLI signifie Plan de Prévention des Risques Littoraux et d’Inondations. 
Approuvé par l’État, ce plan constitue l’un des principaux outils de prévention du risque d’inondation. Ils ont pour objectif principal de réglementer le développement de l’urbanisation dans les zones à risque.
Sur Saint-Brieuc Armor Agglomération, les communes d’Hillion, La Méaugon, Langueux, Plérin, Ploufragan, Saint-Brieuc, Trémuson et Yffiniac ont un PPRLI depuis 2016.

La Loi Climat et Résilience, de 2021, introduit (entre autres) des dispositions urbanistiques afin de prendre en compte le recul du trait de côte sur les communes sensibles à l’érosion côtière.
Les décrets issus de cette loi mettent régulièrement à jour la liste des communes qui doivent réaliser une cartographie d’évolution du trait de côte à 30 ans et à 100 ans. 

Le porter à connaissance concerne les cartes de travail qui ont été réalisées dans le cadre de l’étude du recul du trait de côté, qui ne sont pas encore approuvées par le Conseil d’agglomération, ne sont pas encore intégrées au Plan Local d’Urbanisme Intercommunal mais font état d’un risque identifié. 
Dès lors que ces cartes sont connues des communes, ces dernières peuvent appliquer le R.111-2 du code de l’urbanisme et refuser une autorisation d’urbanisme sur la base d’un risque connu.

Saint-Brieuc Armor Agglomération va engager l'élaboration d'une stratégie de gestion intégrée du trait de côte. Elle donnera lieu à un plan d'actions défini au regard des enjeux sociaux, environnementaux et budgétaires. 

L’élaboration de ces cartes a permis aux communes et à l’agglomération d’évaluer l’impact du phénomène de recul de trait de côte sur les communes du littoral. 
Le 18 décembre 2025, le conseil d’agglomération a voté en faveur de l’élaboration d’une stratégie qui va définir les principes d’action et sera assortie d’un plan d’actions. Cette stratégie va donc être élaborée sur l’année 2027. 
Une révision du PLUI permettra d'intégrer les cartes dans ce document d’urbanisme intercommunal.